Le décret n° 2015-981 du 31 juillet 2015 fixe la liste des équipements qu’un logement meublé doit contenir pour être juridiquement reconnu comme tel. Disposer d’une liste mobilier location meublée au format PDF permet de transformer cette obligation réglementaire en un document concret, signé par les deux parties et annexé au bail.
Sans ce document, le bailleur s’expose à un risque précis : la requalification du bail meublé en bail nu, avec toutes les conséquences juridiques et fiscales que cela implique.
Requalification en bail nu : le risque que le PDF permet d’éviter
La plupart des guides se concentrent sur la liste des équipements obligatoires. Le vrai sujet, pour un bailleur, se situe en aval : que se passe-t-il quand un locataire conteste le caractère meublé du logement devant un juge ?
La cour d’appel de Paris a rappelé en 2026 (CA Paris, 16 avril 2026, n° 23/16009) qu’il appartient au bailleur de prouver que le logement est normalement meublé et équipé. Cette preuve repose sur un inventaire détaillé du mobilier annexé au bail, établi contradictoirement avec le locataire.
En l’absence de cet inventaire signé, le juge ne peut pas vérifier la conformité du logement au décret. Le bail meublé peut alors être requalifié en bail de location vide. Les conséquences sont lourdes : passage d’un bail d’un an à un bail de trois ans, perte du régime fiscal LMNP, et obligation de restituer au locataire les sommes perçues en excès.
Un PDF structuré, imprimé et signé lors de l’état des lieux d’entrée, constitue la pièce qui bloque ce scénario. Ce n’est pas un confort administratif, c’est une protection juridique.

Contenu obligatoire selon le décret n° 2015-981 : ce que le PDF doit lister
Le décret impose un socle minimal d’équipements pour qu’un logement soit qualifié de meublé au sens de la loi du 6 juillet 1989 (articles 25-4 et 25-5, issus de la loi ALUR du 24 mars 2014). Un PDF conforme reprend chacun de ces éléments avec, pour chaque ligne, une colonne de quantité et une colonne décrivant l’état.
Les équipements obligatoires couvrent les fonctions essentielles du quotidien :
- Literie avec couette ou couverture, plaques de cuisson, four ou four à micro-ondes, réfrigérateur avec un compartiment dont la température est inférieure ou égale à -6 °C
- Vaisselle et ustensiles de cuisine en nombre suffisant pour les repas, table, sièges, luminaires, matériel d’entretien ménager
- Dispositif d’occultation des fenêtres dans les chambres et étagères de rangement
Le point souvent négligé : la quantité doit être précisée. Écrire « vaisselle » ne suffit pas. Le document doit indiquer le nombre d’assiettes, de verres, de couverts. C’est cette précision qui donne sa valeur probante à l’inventaire en cas de litige à la sortie.
Inventaire mobilier et état des lieux : deux documents distincts à articuler
L’inventaire du mobilier et l’état des lieux sont deux pièces différentes, même s’ils sont souvent établis le même jour. L’état des lieux décrit l’état des surfaces (murs, sols, plafonds) et le fonctionnement des installations (robinetterie, électricité). L’inventaire, lui, recense les meubles et équipements mis à disposition, avec leur état individuel.
En pratique, un PDF bien conçu combine les deux dans un même document, avec des sections clairement séparées. Cette organisation évite les oublis et permet de tout signer en une seule session. Chaque partie reçoit un exemplaire.
Les colonnes à prévoir dans le PDF
Un inventaire exploitable en cas de contentieux comporte au minimum quatre colonnes : la désignation de l’objet, sa quantité, son état à l’entrée et son état à la sortie. Certains modèles ajoutent une colonne pour les observations (taches, rayures, pièces manquantes).
L’état doit être décrit avec des termes factuels : « bon état », « usure visible sur l’assise gauche », « trace de brûlure sur le plan de travail ». Les formulations vagues comme « correct » ou « moyen » ne permettent pas de caractériser une dégradation imputable au locataire.

Bail meublé longue durée et location saisonnière : la liste PDF s’adapte
Pour un bail meublé constituant la résidence principale du locataire, le respect du décret n° 2015-981 est une obligation légale. En location saisonnière, aucun décret n’impose de liste minimale, mais l’inventaire reste indispensable pour protéger le propriétaire contre les disparitions ou dégradations de mobilier.
La différence se joue sur le contenu. En location longue durée, le PDF reprend strictement les équipements du décret, complétés par le mobilier supplémentaire fourni. En saisonnier, le document liste tout ce qui se trouve dans le logement, y compris le linge de maison, les appareils électroménagers complémentaires ou la décoration.
Ajouter du mobilier facultatif sans créer d’obligation permanente
Un bailleur qui fournit un lave-linge, un lave-vaisselle ou une télévision a intérêt aux mentionner sur l’inventaire. Leur présence crée une obligation de remplacement en cas de panne si le bail ne précise rien. Pour éviter cela, une mention dans le bail indiquant que ces équipements sont fournis à titre gracieux et non remplacés en cas de défaillance suffit à clarifier la situation.
Comment utiliser concrètement le PDF lors de la signature du bail
Le document s’utilise le jour de la remise des clés, en même temps que l’état des lieux d’entrée. Bailleur et locataire parcourent chaque pièce, vérifient la présence et l’état de chaque élément listé, puis signent le document.
- Imprimer le PDF en deux exemplaires avant la visite et apporter un stylo pour annoter les écarts constatés
- Photographier les éléments présentant des marques d’usure pour compléter l’inventaire par des preuves visuelles
- Remettre un exemplaire signé au locataire et conserver l’autre avec le bail original
La loi ALUR impose que cet inventaire soit établi de manière contradictoire, c’est-à-dire en présence des deux parties. Un inventaire rempli unilatéralement par le bailleur avant l’entrée du locataire n’a aucune valeur probante devant un tribunal.
Le format PDF présente un avantage pratique : il se conserve sans altération, se transmet par email après signature, et se classe facilement dans un dossier numérique aux côtés du bail, du DPE et des autres documents obligatoires. Un fichier daté et signé reste lisible des années après, ce qui n’est pas toujours le cas d’un inventaire manuscrit sur papier libre.

