Un propriétaire qui reçoit son avis d’échéance de bail en avril 2026 peut appliquer une hausse de loyer de 0,78 % maximum en métropole. Ce chiffre, publié par l’Insee le 15 avril 2026, correspond à l’indice de référence des loyers (IRL) du premier trimestre. Pour un loyer de 800 euros, on parle d’environ 6 euros de plus par mois.
La vraie question, c’est de comprendre pourquoi ce taux est si bas, et ce que ça change concrètement pour un bail en cours ou un renouvellement.
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Fin du bouclier loyer : pourquoi l’IRL 2026 fonctionne différemment
Entre 2022 et fin 2024, un mécanisme administratif, le bouclier loyer, a plafonné la progression de l’IRL à 3,5 % par an. Ce plafond s’appliquait même quand l’inflation réelle dépassait ce seuil. Les bailleurs étaient donc limités artificiellement.
Depuis 2025, ce dispositif est terminé. L’IRL est de nouveau indexé sur l’inflation réelle, calculée à partir de la moyenne sur 12 mois de l’indice des prix à la consommation hors tabac et hors loyers. Résultat : avec une inflation redevenue modérée, l’IRL tourne autour de 0,8 à 1 % sur les trimestres récents.
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Concrètement, on n’est plus dans un cadre de blocage politique des loyers. La hausse autorisée reflète le niveau réel des prix. Pour les locataires, c’est un soulagement par rapport aux années 2022-2023. Pour les bailleurs, la marge de révision reste faible.

Calcul de la révision de loyer avec l’IRL du 1er trimestre 2026
Prenons un cas concret. Un bail signé le 1er juin 2024 avec un loyer de 900 euros et une clause de révision annuelle. La date anniversaire tombe en juin, donc on utilise l’IRL du premier trimestre de l’année en cours.
La formule est la suivante : loyer actuel multiplié par le nouvel IRL, divisé par l’IRL de référence. Avec les valeurs publiées, ça donne : 900 x 146,60 / 145,47 = environ 907 euros. La hausse mensuelle ne dépasse pas quelques euros sur la plupart des loyers courants.
Quel trimestre IRL appliquer selon la date du bail
Le trimestre de référence dépend de ce que prévoit le contrat de location. Si le bail mentionne un trimestre précis, on utilise celui-là. Sinon, c’est le dernier IRL publié à la date anniversaire du bail qui s’applique.
- Bail signé en janvier ou février : l’IRL du 4e trimestre de l’année précédente est souvent le dernier disponible (publié mi-janvier)
- Bail signé entre avril et juin : l’IRL du 1er trimestre, publié mi-avril, est généralement celui à retenir
- Bail signé en automne : l’IRL du 2e ou du 3e trimestre s’applique, selon la date exacte et la clause du contrat
On constate que les retours varient sur ce point : certains bailleurs appliquent par réflexe le dernier IRL paru, même si ce n’est pas celui qui correspond à leur bail. Vérifier la clause de révision dans le contrat reste le premier réflexe à avoir.
Clause de révision absente du bail : ce que le propriétaire ne peut pas faire
Sans clause de révision écrite dans le bail, le propriétaire ne peut pas augmenter le loyer en cours de contrat. Pas de clause, pas de révision, même si l’IRL progresse. C’est un point que beaucoup de bailleurs particuliers ignorent, surtout avec des baux anciens rédigés sans modèle type.
Autre limite : même avec une clause, la révision ne peut pas être rétroactive au-delà d’un an. Si le bailleur oublie d’appliquer la hausse à la date anniversaire, il ne peut réclamer que les 12 derniers mois d’arriérés de révision, pas plus.
Logement meublé et bail mobilité : mêmes règles IRL ?
Pour un logement meublé avec un bail classique d’un an (ou neuf mois étudiant), la révision fonctionne exactement comme pour un logement vide. L’IRL s’applique dans les mêmes conditions, avec la même formule de calcul.
Le bail mobilité, lui, fait exception. Aucune révision de loyer n’est possible pendant un bail mobilité, puisque sa durée maximale est de dix mois et qu’il n’est pas renouvelable. Le loyer fixé au départ reste identique jusqu’au terme du contrat.
Évolution de l’IRL sur les derniers trimestres : la tendance baissière confirmée
Les données publiées par l’Insee montrent une décélération nette depuis mi-2024 :
- 1er trimestre 2025 : IRL à 145,47, soit +1,40 % sur un an
- 2e trimestre 2025 : +1,04 %
- 3e trimestre 2025 : +0,87 %
- 4e trimestre 2025 : +0,79 %
- 1er trimestre 2026 : IRL à 146,60, soit +0,78 %
La hausse des loyers autorisée par l’IRL est passée sous 1 % depuis six mois. Cette trajectoire reflète directement le ralentissement de l’inflation en France. Pour les trimestres suivants de 2026, sauf choc sur les prix à la consommation, la tendance devrait rester dans cette fourchette basse.

Changement de base INSEE 2026 : un détail technique qui peut créer de la confusion
Depuis le 18 février 2026, l’Insee diffuse l’indice des prix à la consommation en base 100 = 2025, conformément au règlement européen 2016/792. L’IRL, lui, conserve sa propre base de référence (100 au 4e trimestre 1998).
En pratique, ce changement de base de l’IPC ne modifie pas la valeur de l’IRL ni le calcul de révision des loyers. Les deux indices coexistent avec des bases différentes, et l’Insee assure la continuité des séries. Mais sur certains simulateurs en ligne ou tableaux non mis à jour, la confusion entre les deux bases peut induire des erreurs de lecture.
Pour vérifier la valeur officielle, on se réfère au Journal Officiel ou au site de l’Insee directement. Le dernier IRL publié au JO du 16 avril 2026 reste la seule référence opposable en cas de litige entre bailleur et locataire.
La période actuelle offre une fenêtre de relative stabilité pour les locataires. Avec un IRL sous 1 %, les révisions de loyer pèsent peu sur le budget mensuel. Pour les bailleurs, la marge de manœuvre est mince, et toute tentative de hausse au-delà de l’IRL applicable expose à une contestation. Le seul chiffre qui compte est celui publié au Journal Officiel, appliqué au bon trimestre, avec la bonne formule.

